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mercredi 13 avril 2016
mardi 16 février 2016
LE BARBIER de SEVILLE
Une mise en scène survitaminée du jeune vénitien Damiano Michieletto. Fantaisie qui en déborde, et où la vie s'engouffre. Mise en scène contemporaine et hauteument bariolée. Le gag semble être au centre de cet opéra comme le démontre la photo, on est au comble de la comédie, du comique dans cette scène de la leçon. Rosina n'est pas ici représentée comme une jeune femme qui s'éveille à l'amour et à la féminité mais comme une gamine à couette, vêtue d'une tenue grunge d'adolescente typique, dans une chambre tapissée de posters. Elle est cachée comme sous la couette avec Almaviva comme deux très très jeunes gens maladroits découvrant leur sexualité. Bartholo, vieil homme bedonnant, est ici à l'image d'un père sur-protecteur, prêt à assommer quiconque s'approcherait de sa protégée d'un coup de marteau : un personnage ridicule et donc hilarant.
Figaro a un aspect roublard, un peu gitan, cheveux longs, veste rose et chemise rouge, on dirait une sorte de John Travolta passé chez Almodovar.
Almaviva est très jeune, sympathique avec ses lunettes et son noeud papillon, on l'associe facilement à la figure du jeune BCBG
La scénographie est propice aux quiproquos et aux intrigues, comme on peut le voir avec Bartholo et Figaro tous deux repartis aux deux extrêmités de la chambre derrière une porte, et avec une lecture tout à fait différente de ce qu'il se passe au sein de la chambre... ce que montre bien leur expression surjouée, proche du grotesque.
Cela grouille de vie de toute part de la scène comme un tourbillon, une frénésie.
Mise en scène de Coline Serreau.
Le Barbier de Séville de Coline Serreau est un enchantement. Il transporte dans l'univers mauresque de Séville. On a l'impression d'être dans les mille et une nuit, avec ces tapisseries et ces arabesques.
Mais surtout on retrouve sur cette image, le côté roublard de Figaro presque l'image d'Iznogood et du calif benet. Toujours là à manigancer. Cette scène de la barbe s'annonce tres drôle. Quant à Bathollo, loin d'être un vieillard libidineux c'est plutot un barbon sentimental, pas bien méchant, bon vivant, à l'image du pacha.
Mise en scène moderne de Marco Carniti.
Ici lecture à la fois onirique et intemporelle de la pièce. Aspect complètement décalé, voire délirant de la mise en scène. Costumes extravagants, bien que l'on puisse reconnaître dans la tenue de Figaro un semblant d'habit traditionnel andalou, la scène paraît hors du monde, hors du temps. Figaro, n'est pas ici un jeune homme vif et aérien, mais un homme mûr, bedonnant, qui semble expert dans la maîtrise du rasoir. Caractère très assuré du personnage, ici imposant, dans l'action, tandis que son comparse admire son art dont le client se délecte. Il apparaît ici comme l'"homme de la situation".
MIse en scène fantasque de de Jean François Sivadier.
Elle ressemble à une comédie musicale. Le seul message ici semble être une injonction à la joie, entre Feydeau et les Marx Broters (=Les Marx Brothers, ou Frères Marx, sont des comédiens américains originaires de New York qui ont fait carrière au cinéma, mais aussi à la télévision et sur scène, notamment à Broadway, jusque dans les années 1950. Les liens fraternels que suppose le nom collectif des Marx Brothers ne sont pas une fantaisie, puisqu'ils formaient dans la vie une famille de cinq frères : Groucho, Harpo, Chico, Gummo et Zeppo. Au fil du temps, les apparitions de la fratrie se réduisent à quatre puis trois membres, les deux derniers ayant fait le choix de poursuivre leur carrière de leur côté. Gummo ne figure donc dans aucun long-métrage, bien qu'il ait été présent au début de la période théâtrale des Marx Brothers, et Zeppo, qui le remplace après son départ, apparaît seulement dans leurs cinq premiers films. Les genres cinématographiques de prédilection des frères Marx se situent dans la veine comique : chez eux, tant dans les situations que dans les dialogues, la comédie exploite un humour de l'absurde, parfois teinté de burlesque, notamment par le jeu muet de Harpo. La présence d'un tel personnage au sein des Marx Brothers rappelle que le début de la carrière de ces derniers coïncide avec un tournant de l'histoire du cinéma : l'arrivée du parlant.), entre Chaplin et Fred Astaire (Frederick Austerlitz, dit Fred Astaire, est un acteur, danseur, chanteur, et compositeur américain, né le 10 mai 1899 à Omaha (Nebraska) et mort le 22 juin 1987 à Los Angeles en Californie. Il a obtenu un Oscar d'honneur pour son talent artistique unique et pour sa contribution à l'association de l'image et de la musique, et a son étoile sur le Walk of Fame d'Hollywood.). On y trouve l'idée d'un numéro de cirque ou de cabaret, opéra loufoque, en apesanteur, tourbillon de joie où les chanteurs semblent incarner la bêtise magnifique d'une bande de clowns poétiques. On est au comble du ridicule, de la comédie.
Sur l'image la folie est contagieuse et contamine tout le monde dans une joyeuse hystérie collective, et ici jusqu'à la transe hallucinée.
Costumes contemporains, tout en couleurs, bigarrés, style grunge/pop.
Personnage de figaro, en blouson de cuir, les cheveux en bataille comme un anarchiste. Au centre, entouré du reste des personnages, qui le ceinturent comme s'il était une bouée de secours. Le grotesque se dégage de cette situation aberrante.
Le Comte et Figaro ont le même âge, deux jeunes hommes charmants (=rapprochement entre personnage, le comte est ici plus sympatique que dans le mariage où son personnage s'apparente plus à Bartholo) mais déjà opposition au niveau du costume car si le comte est habillé comme un officier, Figaro ressemble plus à un rockeur déluré.
Bartholo= personnage le moins contemporain pour donner l'image du vieux barbon libidineux.
Rosina= fluette, enfantine, coquette, loin de cette image de la comtesse, femme digne et désespérée.
Bazile= idiot, simplet.
Berta= bonne anglaise, bien en chair, du physique émane déjà le comique comme pour Bazile.
Rien qu'à voir l'image on trépigne d'impatience, entre la retenue et l'éclat, entre le suspense et l'urgence, l'apnée et la tempête. Ce qui crée irrésistiblement l'excitation ! Cette image est celle qu'on a choisie pour notre mise en scène. Pour alléger avec le Mariage et Figaro divorce où les enjeux sont placés bien plus haut. On frise le dramatique voire parfois le tragique. Dans le Barbier, il n'y a pas de fond politique. La profondeur est dans le vertige, dans la puissance du délire ( ce délire qui est exacerbé sur l'image, aux allures de comédie musicale où une magie haute en couleur nous électrise). Dans le Barbier la règle du jeu se résume à "plus c'est énorme, mieux ça passe et pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué". Le grotesque et la comédie sont ici à leur apogée, on pourrait croire que l'on s'apprête à danser sur la musique de Rossini comme sur le dernier tube des Black eyed peas. Le choix nous a semblé judicieux.
Une mise en scène survitaminée du jeune vénitien Damiano Michieletto. Fantaisie qui en déborde, et où la vie s'engouffre. Mise en scène contemporaine et hauteument bariolée. Le gag semble être au centre de cet opéra comme le démontre la photo, on est au comble de la comédie, du comique dans cette scène de la leçon. Rosina n'est pas ici représentée comme une jeune femme qui s'éveille à l'amour et à la féminité mais comme une gamine à couette, vêtue d'une tenue grunge d'adolescente typique, dans une chambre tapissée de posters. Elle est cachée comme sous la couette avec Almaviva comme deux très très jeunes gens maladroits découvrant leur sexualité. Bartholo, vieil homme bedonnant, est ici à l'image d'un père sur-protecteur, prêt à assommer quiconque s'approcherait de sa protégée d'un coup de marteau : un personnage ridicule et donc hilarant.
Figaro a un aspect roublard, un peu gitan, cheveux longs, veste rose et chemise rouge, on dirait une sorte de John Travolta passé chez Almodovar.
Almaviva est très jeune, sympathique avec ses lunettes et son noeud papillon, on l'associe facilement à la figure du jeune BCBG
La scénographie est propice aux quiproquos et aux intrigues, comme on peut le voir avec Bartholo et Figaro tous deux repartis aux deux extrêmités de la chambre derrière une porte, et avec une lecture tout à fait différente de ce qu'il se passe au sein de la chambre... ce que montre bien leur expression surjouée, proche du grotesque.
Cela grouille de vie de toute part de la scène comme un tourbillon, une frénésie.
Mise en scène de Coline Serreau.
Le Barbier de Séville de Coline Serreau est un enchantement. Il transporte dans l'univers mauresque de Séville. On a l'impression d'être dans les mille et une nuit, avec ces tapisseries et ces arabesques.
Mais surtout on retrouve sur cette image, le côté roublard de Figaro presque l'image d'Iznogood et du calif benet. Toujours là à manigancer. Cette scène de la barbe s'annonce tres drôle. Quant à Bathollo, loin d'être un vieillard libidineux c'est plutot un barbon sentimental, pas bien méchant, bon vivant, à l'image du pacha.
Mise en scène moderne de Marco Carniti.
Ici lecture à la fois onirique et intemporelle de la pièce. Aspect complètement décalé, voire délirant de la mise en scène. Costumes extravagants, bien que l'on puisse reconnaître dans la tenue de Figaro un semblant d'habit traditionnel andalou, la scène paraît hors du monde, hors du temps. Figaro, n'est pas ici un jeune homme vif et aérien, mais un homme mûr, bedonnant, qui semble expert dans la maîtrise du rasoir. Caractère très assuré du personnage, ici imposant, dans l'action, tandis que son comparse admire son art dont le client se délecte. Il apparaît ici comme l'"homme de la situation".
MIse en scène fantasque de de Jean François Sivadier.
Elle ressemble à une comédie musicale. Le seul message ici semble être une injonction à la joie, entre Feydeau et les Marx Broters (=Les Marx Brothers, ou Frères Marx, sont des comédiens américains originaires de New York qui ont fait carrière au cinéma, mais aussi à la télévision et sur scène, notamment à Broadway, jusque dans les années 1950. Les liens fraternels que suppose le nom collectif des Marx Brothers ne sont pas une fantaisie, puisqu'ils formaient dans la vie une famille de cinq frères : Groucho, Harpo, Chico, Gummo et Zeppo. Au fil du temps, les apparitions de la fratrie se réduisent à quatre puis trois membres, les deux derniers ayant fait le choix de poursuivre leur carrière de leur côté. Gummo ne figure donc dans aucun long-métrage, bien qu'il ait été présent au début de la période théâtrale des Marx Brothers, et Zeppo, qui le remplace après son départ, apparaît seulement dans leurs cinq premiers films. Les genres cinématographiques de prédilection des frères Marx se situent dans la veine comique : chez eux, tant dans les situations que dans les dialogues, la comédie exploite un humour de l'absurde, parfois teinté de burlesque, notamment par le jeu muet de Harpo. La présence d'un tel personnage au sein des Marx Brothers rappelle que le début de la carrière de ces derniers coïncide avec un tournant de l'histoire du cinéma : l'arrivée du parlant.), entre Chaplin et Fred Astaire (Frederick Austerlitz, dit Fred Astaire, est un acteur, danseur, chanteur, et compositeur américain, né le 10 mai 1899 à Omaha (Nebraska) et mort le 22 juin 1987 à Los Angeles en Californie. Il a obtenu un Oscar d'honneur pour son talent artistique unique et pour sa contribution à l'association de l'image et de la musique, et a son étoile sur le Walk of Fame d'Hollywood.). On y trouve l'idée d'un numéro de cirque ou de cabaret, opéra loufoque, en apesanteur, tourbillon de joie où les chanteurs semblent incarner la bêtise magnifique d'une bande de clowns poétiques. On est au comble du ridicule, de la comédie.
Sur l'image la folie est contagieuse et contamine tout le monde dans une joyeuse hystérie collective, et ici jusqu'à la transe hallucinée.
Costumes contemporains, tout en couleurs, bigarrés, style grunge/pop.
Personnage de figaro, en blouson de cuir, les cheveux en bataille comme un anarchiste. Au centre, entouré du reste des personnages, qui le ceinturent comme s'il était une bouée de secours. Le grotesque se dégage de cette situation aberrante.
Le Comte et Figaro ont le même âge, deux jeunes hommes charmants (=rapprochement entre personnage, le comte est ici plus sympatique que dans le mariage où son personnage s'apparente plus à Bartholo) mais déjà opposition au niveau du costume car si le comte est habillé comme un officier, Figaro ressemble plus à un rockeur déluré.
Bartholo= personnage le moins contemporain pour donner l'image du vieux barbon libidineux.
Rosina= fluette, enfantine, coquette, loin de cette image de la comtesse, femme digne et désespérée.
Bazile= idiot, simplet.
Berta= bonne anglaise, bien en chair, du physique émane déjà le comique comme pour Bazile.
Rien qu'à voir l'image on trépigne d'impatience, entre la retenue et l'éclat, entre le suspense et l'urgence, l'apnée et la tempête. Ce qui crée irrésistiblement l'excitation ! Cette image est celle qu'on a choisie pour notre mise en scène. Pour alléger avec le Mariage et Figaro divorce où les enjeux sont placés bien plus haut. On frise le dramatique voire parfois le tragique. Dans le Barbier, il n'y a pas de fond politique. La profondeur est dans le vertige, dans la puissance du délire ( ce délire qui est exacerbé sur l'image, aux allures de comédie musicale où une magie haute en couleur nous électrise). Dans le Barbier la règle du jeu se résume à "plus c'est énorme, mieux ça passe et pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué". Le grotesque et la comédie sont ici à leur apogée, on pourrait croire que l'on s'apprête à danser sur la musique de Rossini comme sur le dernier tube des Black eyed peas. Le choix nous a semblé judicieux.
dimanche 14 février 2016
mardi 5 janvier 2016
Biographie de Horvath
Ödön von Horváth
auteur (1901 - 1938)
1901 : Edmond (Ödön) Josef von
Horváth naît le 9 décembre à Fiume (aujourd’hui Rijeka, en
Croatie). Son père, Edmund Josef von Horváth, est attaché au
consulat impérial et royal d’Autriche-Hongrie ; sa mère,
Marie-Hermine, née Prehnal, est issue d’une famille de médecins
militaires.
1902 : la famille déménage à Belgrade.
1903 : Le 6 juillet naît le deuxième enfant des Horváth, Lajos.
1908 : la famille déménage à Budapest. Premiers cours d’Ödön, en langue hongroise, avec un précepteur.
1909 : le docteur von Horváth est muté à Munich. Ödön reste à Budapest où il est inscrit à l’internat de l’archevêché. Education religieuse très poussée.
1913-1914 : Ödön rejoint sa famille à Munich, et change de langue d’enseignement. Ses mauvaises notes et un sérieux conflit avec un professeur de religion le contraignent à changer de lycée, puis à redoubler.
1914 : Le père de Horváth est appelé sous les drapeaux, puis démobilisé en 1915. Plus tard, Ödön dira : « Je me souviens de l’époque d’avant 1914 comme d’un livre d’images ennuyeux... Ma vie commence avec la déclaration de guerre. »
1916 : Ödön von Horváth est envoyé par ses parents au lycée allemand de Presbourg (aujourd’hui Bratislava en Slovaquie), le seul où l’on veuille encore de lui, tant ses résultats scolaires sont mauvais et son comportement rebelle. Premières tentatives d’écriture.
1918 : en janvier, le docteur von Horváth est à nouveau nommé à Budapest. Ödön rejoint sa famille et se lie avec un cercle de jeunes gens qui se passionne pour les œuvres nationalistes et révolutionnaires d’Endre Ady.
La famille von Horváth se réfugie un temps à Vienne, puis en Bavière. Ödön von Horváth passe son baccalauréat dans un lycée privé viennois.
Octobre : Ödön von Horváth s’inscrit à l’université de Munich. Jusqu’en février 1922, il suivra des cours de littérature allemande, d’esthétique, d’études théâtrales, de psychologie, de sociologie et de métaphysique.
1920 : Ödön von Horváth rencontre le compositeur Siegfried Kallenberg qui lui commande la pantomime Le Livre des danses, que Horváth désavouera plus tard. Horváth songe à une carrière d’écrivain, tout en sachant qu’il ne ferait jamais aucune concession. Ses parents s’installent dans la petite ville touristique de Murnau, au bord du lac du Staffelsee, en Bavière, où ils feront construire dès1924 une confortable résidence. Elle sera un point d’ancrage pour Ödön et son frès Lajos jusqu’en 1933.
1922 : Le Livre des danses paraît à Munich, avant d’être créé sous forme d’oratorio.
1923 : Ödön von Horváth quitte Munich et s’installe à Murnau. Intense activité d’écriture, dont il reste un fragment, Dosa, la pièce Meurtre dans la rue des Maures, des esquisses de nouvelles et les Contes sportifs, qui paraissent dès 1924 dans divers revues et journaux.
Automne : Ödön et son frère Lajos passent plusieurs semaines à Paris. Au retour, l’écrivain décide qu’il s’installera à Berlin.
À Berlin, Ödön von Horváth fait la connaissance, au fil des années, du comédien Gustaf Gründgens, de Walter Mehring, du metteur en scène Francesco von Mendelssohn (créateur le Nuit italienne et de Casimir et Caroline), et de Ernst Joseph Aufricht (producteur de L’Opéra de quat’sous de Brecht et des deux pièces précitées).
1926 : création du Livre des danses à Osnabrück. Rédaction probable de Révolte à la cote 3018, qui deviendra Le Funiculaire, et de la comédie Le Belvédère, inspirée par la pension Seeblick à Murnau.
1927 : Horváth, inscrit à la Ligue des droits de l’homme, étudie un dossier qui servira, l’année suivante, de base à la pièce Sladek, soldat de l’Armée noire.
Novembre : création de Révolte à la cote 3018 à Hambourg.
1928 : à partir d’un fragment, Une jeune fille à vendre, rédaction de la farce Autour du Congrès, fruit d’une étude sur la traite des Blanches à la Ligue des droits de l’homme. Le roman Trente-six heures devient la base de L’Éternel Petit-Bourgeois.
1929 : Le Funiculaire est créé à la Volksbühne de Berlin. Horváth signe un contrat avec l’éditeur Ullstein pour l’ensemble de sa production littéraire, et touche 300 marks par mois, puis 500 à partir de 1931.
Septembre : il visite l’exposition universelle de Barcelone. Les textes inspirés par ce voyage serviront de base à son roman L’Éternel Petit-Bourgeois.
13 octobre : Sladek, soldat de l’Armée noire est créé à Berlin ; la presse nationale-socialiste se déchaîne contre Horváth.
1930 : Horváth termine la rédaction de L’Éternel Petit-Bourgeois. Il devient membre de l’Union des écrivains allemands. Les événements politiques lui inspirent la rédaction de Nuit italienne.
12 septembre : Horváth quitte l’église catholique.
14 septembre : Mars : création de Nuit italienne, pièce populaire, à Berlin, puis à Vienne en juillet dans une version dépolitisée. Rédaction de Légendes de la forêt viennoise, pièce populaire, qui triomphe lors de sa création au Deutsches Theater de Berlin le 2 novembre. Juillet-octobre : à deux reprises, Horváth est cité comme témoin lors d’un procès impliquant des nationaux-socialistes. Octobre : Horváth est lauréat du prix Kleist, la plus haute distinction dans le domaine de l’écriture théâtrale de l’époque. Vives protestations de la presse d’extrême droite.
Il termine aussi la rédaction de Casimir et Caroline, pièce populaire.
1932 : Février : Horváth rencontre le journaliste judiciaire Lukas Kristl qui lui inspire le sujet de la pièce La Foi, l’amour, l’espérance. Lectures publiques à Munich et long entretien pour la radio bavaroise. Succès grandissant.
Novembre : Horváth se sépare à l’amiable de son éditeur Ullstein. Il négocie avec l’éditeur Gustav Kiepenheuer. Création de Casimir et Caroline à Leipzig. Horváth rédige un Mode d’emploi pour la mise en scène de ses pièces. À l’initiative de Max Reinhardt, directeur du Deustches Theater, il commence à rédiger un projet de revue : Magasin du bonheur.
Février : le Deutsches Theater est contraint de renoncer à la création de La Foi, l’amour, l’espérance. D’autres théâtres annuleront progressivement leurs projets autour des pièces de Horváth.
Horváth quitte l’Allemagne pour Salzbourg puis Vienne.
27 décembre : Horváth épouse l’actrice Maria Elsner, d’origine juive, essentiellement pour lui permettre d’avoir un passeport hongrois. Il divorce l’année suivante.
1934 : à Vienne, Horváth intente un procès au journal fasciste 12-Uhr-Blatt pour diffamation
Divers projets de création de pièces de Horváth à Vienne sont abandonnés.
Horváth retourne à Berlin où il écrit divers scénarios, qu’il reniera très rapidement. Juillet : Horváth adhère à l’Union des écrivains du Reich allemand.
13 décembre : Allers et retours est créé à Zurich. Horváth envisage de s’installer en Suisse mais retourne à Berlin. Il fréquente l’actrice Wera Liessem.
1935 : Horváth rédige plusieurs esquisses autour du thème de la fuite hors du présent. Il traverse une période de doute et de dépression. En septembre, il retourne à Vienne où il envisage la rédaction d’un roman épistolaire avec son frère Lajos. Répondant à une commande, il écrit Coup de tête, qui est créé le 10 décembre.
1936 : Coup sur coup, Horváth reprend d’anciens projets et termine la rédaction de Figaro divorce, Don Juan revient de guerre ainsi que du Jugement dernier.
Lorsqu’en juillet il rend visite à ses parents en Bavière, on lui signifie qu’il doit quitter le sol allemand dans les 24 heures. 13 novembre : création à Vienne de La Foi, l’amour, l’espérance.
1937 : 27 février : Horváth est exclu de l’Union des écrivains allemands. Installé près de Salzbourg, il rédige des comédies historiques, Un village sans hommes et Un bal d’esclaves, qui deviendra Pompéi dans une seconde version. 2 avril : création de Figaro divorce, amputé de ses passages sur l’exil, au Neue Deutsches Theater de Prague.
Horváth écrit son roman Jeunesse sans Dieu, qui paraît en automne chez Allert de Lange, l’éditeur des Allemands en exil, à Amsterdam. Gros succès, qui pousse Horváth à écrire, dans la foulée, son dernier roman, Un fils de notre temps (publié par de Lange également).
5 décembre : création, dans une version adaptée, de Vers les deux, une pièce féerique, à Vienne.
11 décembre : création du Jugement dernier au Deutsches Theater de Moravie-Ostrau.
1938 : Horváth est accablé par des soucis d’argent, et souffre d’une insatisfaction générale vis-à-vis de son œuvre. Il se propose d’écrire une « comédie humaine » comprenant notamment sa dernière pièce, Pompéi. Il rédige plusieurs variantes des premières pages d’un récit Adieu l’Europe !
10 janvier : la Gestapo met Jeunesse sans Dieu à l’index. Le livre est saisi en Allemagne.
16 mars : Horváth fuit l’Autriche et s’installe chez des amis, les Hatvanys, à Budapest. Il rend une visite de trois semaines à son amie Lydia Busch à Teplitz Schönau, dans les Sudètes.
En mai, il se rend à Zurich en passant par Budapest, la Yougoslavie, Trieste, Venise et Milan. Il poursuit son voyage vers Amsterdam, chez son éditeur de Lange, en passant par Bruxelles. À Amsterdam, une cartomancienne lui prédit qu’un événement décisif se produira bientôt dans sa vie, à Paris.
28 mai : Horváth arrive à Paris, où il doit rencontrer son traducteur français Armand Pierhal, mais surtout le réalisateur américain Robert Siodmak, qui envisage l’adaptation cinématographique de son roman Jeunesse sans Dieu. Il descend à l’hôtel de l’Univers, rue Monsieur-le-Prince. Le 31, il passe une soirée avec des amis exilés, dont la fidèle Hertha Pauli, et Walter Mehring.
1er juin : rencontre avec Siodmak. Horváth envisage d’émigrer aux États-Unis, en repassant par Zurich. Le soir, alors qu’il sort d’une diffusion de Blanche Neige et les sept nains de Walt Disney au Théâtre Marigny, sur les Champs-Élysées, une tempête casse la branche maîtresse d’un platane qui s’abat sur lui et le tue. Le 7 juin, Horváth est inhumé au cimetière de Saint-Ouen. Ses restes mortels sont transférés à Vienne en 1988.
1902 : la famille déménage à Belgrade.
1903 : Le 6 juillet naît le deuxième enfant des Horváth, Lajos.
1908 : la famille déménage à Budapest. Premiers cours d’Ödön, en langue hongroise, avec un précepteur.
1909 : le docteur von Horváth est muté à Munich. Ödön reste à Budapest où il est inscrit à l’internat de l’archevêché. Education religieuse très poussée.
1913-1914 : Ödön rejoint sa famille à Munich, et change de langue d’enseignement. Ses mauvaises notes et un sérieux conflit avec un professeur de religion le contraignent à changer de lycée, puis à redoubler.
1914 : Le père de Horváth est appelé sous les drapeaux, puis démobilisé en 1915. Plus tard, Ödön dira : « Je me souviens de l’époque d’avant 1914 comme d’un livre d’images ennuyeux... Ma vie commence avec la déclaration de guerre. »
1916 : Ödön von Horváth est envoyé par ses parents au lycée allemand de Presbourg (aujourd’hui Bratislava en Slovaquie), le seul où l’on veuille encore de lui, tant ses résultats scolaires sont mauvais et son comportement rebelle. Premières tentatives d’écriture.
1918 : en janvier, le docteur von Horváth est à nouveau nommé à Budapest. Ödön rejoint sa famille et se lie avec un cercle de jeunes gens qui se passionne pour les œuvres nationalistes et révolutionnaires d’Endre Ady.
La famille von Horváth se réfugie un temps à Vienne, puis en Bavière. Ödön von Horváth passe son baccalauréat dans un lycée privé viennois.
Octobre : Ödön von Horváth s’inscrit à l’université de Munich. Jusqu’en février 1922, il suivra des cours de littérature allemande, d’esthétique, d’études théâtrales, de psychologie, de sociologie et de métaphysique.
1920 : Ödön von Horváth rencontre le compositeur Siegfried Kallenberg qui lui commande la pantomime Le Livre des danses, que Horváth désavouera plus tard. Horváth songe à une carrière d’écrivain, tout en sachant qu’il ne ferait jamais aucune concession. Ses parents s’installent dans la petite ville touristique de Murnau, au bord du lac du Staffelsee, en Bavière, où ils feront construire dès1924 une confortable résidence. Elle sera un point d’ancrage pour Ödön et son frès Lajos jusqu’en 1933.
1922 : Le Livre des danses paraît à Munich, avant d’être créé sous forme d’oratorio.
1923 : Ödön von Horváth quitte Munich et s’installe à Murnau. Intense activité d’écriture, dont il reste un fragment, Dosa, la pièce Meurtre dans la rue des Maures, des esquisses de nouvelles et les Contes sportifs, qui paraissent dès 1924 dans divers revues et journaux.
Automne : Ödön et son frère Lajos passent plusieurs semaines à Paris. Au retour, l’écrivain décide qu’il s’installera à Berlin.
À Berlin, Ödön von Horváth fait la connaissance, au fil des années, du comédien Gustaf Gründgens, de Walter Mehring, du metteur en scène Francesco von Mendelssohn (créateur le Nuit italienne et de Casimir et Caroline), et de Ernst Joseph Aufricht (producteur de L’Opéra de quat’sous de Brecht et des deux pièces précitées).
1926 : création du Livre des danses à Osnabrück. Rédaction probable de Révolte à la cote 3018, qui deviendra Le Funiculaire, et de la comédie Le Belvédère, inspirée par la pension Seeblick à Murnau.
1927 : Horváth, inscrit à la Ligue des droits de l’homme, étudie un dossier qui servira, l’année suivante, de base à la pièce Sladek, soldat de l’Armée noire.
Novembre : création de Révolte à la cote 3018 à Hambourg.
1928 : à partir d’un fragment, Une jeune fille à vendre, rédaction de la farce Autour du Congrès, fruit d’une étude sur la traite des Blanches à la Ligue des droits de l’homme. Le roman Trente-six heures devient la base de L’Éternel Petit-Bourgeois.
1929 : Le Funiculaire est créé à la Volksbühne de Berlin. Horváth signe un contrat avec l’éditeur Ullstein pour l’ensemble de sa production littéraire, et touche 300 marks par mois, puis 500 à partir de 1931.
Septembre : il visite l’exposition universelle de Barcelone. Les textes inspirés par ce voyage serviront de base à son roman L’Éternel Petit-Bourgeois.
13 octobre : Sladek, soldat de l’Armée noire est créé à Berlin ; la presse nationale-socialiste se déchaîne contre Horváth.
1930 : Horváth termine la rédaction de L’Éternel Petit-Bourgeois. Il devient membre de l’Union des écrivains allemands. Les événements politiques lui inspirent la rédaction de Nuit italienne.
12 septembre : Horváth quitte l’église catholique.
14 septembre : Mars : création de Nuit italienne, pièce populaire, à Berlin, puis à Vienne en juillet dans une version dépolitisée. Rédaction de Légendes de la forêt viennoise, pièce populaire, qui triomphe lors de sa création au Deutsches Theater de Berlin le 2 novembre. Juillet-octobre : à deux reprises, Horváth est cité comme témoin lors d’un procès impliquant des nationaux-socialistes. Octobre : Horváth est lauréat du prix Kleist, la plus haute distinction dans le domaine de l’écriture théâtrale de l’époque. Vives protestations de la presse d’extrême droite.
Il termine aussi la rédaction de Casimir et Caroline, pièce populaire.
1932 : Février : Horváth rencontre le journaliste judiciaire Lukas Kristl qui lui inspire le sujet de la pièce La Foi, l’amour, l’espérance. Lectures publiques à Munich et long entretien pour la radio bavaroise. Succès grandissant.
Novembre : Horváth se sépare à l’amiable de son éditeur Ullstein. Il négocie avec l’éditeur Gustav Kiepenheuer. Création de Casimir et Caroline à Leipzig. Horváth rédige un Mode d’emploi pour la mise en scène de ses pièces. À l’initiative de Max Reinhardt, directeur du Deustches Theater, il commence à rédiger un projet de revue : Magasin du bonheur.
Février : le Deutsches Theater est contraint de renoncer à la création de La Foi, l’amour, l’espérance. D’autres théâtres annuleront progressivement leurs projets autour des pièces de Horváth.
Horváth quitte l’Allemagne pour Salzbourg puis Vienne.
27 décembre : Horváth épouse l’actrice Maria Elsner, d’origine juive, essentiellement pour lui permettre d’avoir un passeport hongrois. Il divorce l’année suivante.
1934 : à Vienne, Horváth intente un procès au journal fasciste 12-Uhr-Blatt pour diffamation
Divers projets de création de pièces de Horváth à Vienne sont abandonnés.
Horváth retourne à Berlin où il écrit divers scénarios, qu’il reniera très rapidement. Juillet : Horváth adhère à l’Union des écrivains du Reich allemand.
13 décembre : Allers et retours est créé à Zurich. Horváth envisage de s’installer en Suisse mais retourne à Berlin. Il fréquente l’actrice Wera Liessem.
1935 : Horváth rédige plusieurs esquisses autour du thème de la fuite hors du présent. Il traverse une période de doute et de dépression. En septembre, il retourne à Vienne où il envisage la rédaction d’un roman épistolaire avec son frère Lajos. Répondant à une commande, il écrit Coup de tête, qui est créé le 10 décembre.
1936 : Coup sur coup, Horváth reprend d’anciens projets et termine la rédaction de Figaro divorce, Don Juan revient de guerre ainsi que du Jugement dernier.
Lorsqu’en juillet il rend visite à ses parents en Bavière, on lui signifie qu’il doit quitter le sol allemand dans les 24 heures. 13 novembre : création à Vienne de La Foi, l’amour, l’espérance.
1937 : 27 février : Horváth est exclu de l’Union des écrivains allemands. Installé près de Salzbourg, il rédige des comédies historiques, Un village sans hommes et Un bal d’esclaves, qui deviendra Pompéi dans une seconde version. 2 avril : création de Figaro divorce, amputé de ses passages sur l’exil, au Neue Deutsches Theater de Prague.
Horváth écrit son roman Jeunesse sans Dieu, qui paraît en automne chez Allert de Lange, l’éditeur des Allemands en exil, à Amsterdam. Gros succès, qui pousse Horváth à écrire, dans la foulée, son dernier roman, Un fils de notre temps (publié par de Lange également).
5 décembre : création, dans une version adaptée, de Vers les deux, une pièce féerique, à Vienne.
11 décembre : création du Jugement dernier au Deutsches Theater de Moravie-Ostrau.
1938 : Horváth est accablé par des soucis d’argent, et souffre d’une insatisfaction générale vis-à-vis de son œuvre. Il se propose d’écrire une « comédie humaine » comprenant notamment sa dernière pièce, Pompéi. Il rédige plusieurs variantes des premières pages d’un récit Adieu l’Europe !
10 janvier : la Gestapo met Jeunesse sans Dieu à l’index. Le livre est saisi en Allemagne.
16 mars : Horváth fuit l’Autriche et s’installe chez des amis, les Hatvanys, à Budapest. Il rend une visite de trois semaines à son amie Lydia Busch à Teplitz Schönau, dans les Sudètes.
En mai, il se rend à Zurich en passant par Budapest, la Yougoslavie, Trieste, Venise et Milan. Il poursuit son voyage vers Amsterdam, chez son éditeur de Lange, en passant par Bruxelles. À Amsterdam, une cartomancienne lui prédit qu’un événement décisif se produira bientôt dans sa vie, à Paris.
28 mai : Horváth arrive à Paris, où il doit rencontrer son traducteur français Armand Pierhal, mais surtout le réalisateur américain Robert Siodmak, qui envisage l’adaptation cinématographique de son roman Jeunesse sans Dieu. Il descend à l’hôtel de l’Univers, rue Monsieur-le-Prince. Le 31, il passe une soirée avec des amis exilés, dont la fidèle Hertha Pauli, et Walter Mehring.
1er juin : rencontre avec Siodmak. Horváth envisage d’émigrer aux États-Unis, en repassant par Zurich. Le soir, alors qu’il sort d’une diffusion de Blanche Neige et les sept nains de Walt Disney au Théâtre Marigny, sur les Champs-Élysées, une tempête casse la branche maîtresse d’un platane qui s’abat sur lui et le tue. Le 7 juin, Horváth est inhumé au cimetière de Saint-Ouen. Ses restes mortels sont transférés à Vienne en 1988.
Laurent Muhleisen
Résumé de Figaro divorce
Figaro
Divorce de
Ödön von Horvàth
Résumé
Figaro
Divorce
a été achevé en 1936 par Ödön von Horvàth et joué en 1937
(dans une version incomplète) bien que ce Hongrois ait réfléchi à
ce projet de basculer l’œuvre de Beaumarchais dans la modernité
dès 1933. Cette comédie réaliste est divisée en trois actes. Le
premier possède quatre tableaux et est centré sur la cohabitation
entre le Comte et la Comtesse Almaviva, Figaro et Suzanne. Le
deuxième acte, de quatre tableaux, présente neuf mois plus tard le
quotidien du Comte et de la Comtesse d’une part, de Figaro et de
Suzanne de l’autre. Enfin, six mois plus tard, on retrouve dans le
troisième acte nos protagonistes et voyons ce qu’il est advenu et
advient d’eux.
La
pièce se déroule dans une période contemporaine certes, mais
impossible à définir précisément. Nous savons qu’il y a une
Révolution mais ignorons laquelle, elle est atemporelle : «
tout bouleversement par la force trouve un dénominateur commun dans
ce que nous respectons ou méprisons dans notre relation à la notion
d’humanité » nous précise le dramaturge.
Le
Comte et la Comtesse fuient le pays, par loyauté Suzanne et Figaro
les suivent. Ils se font arrêter au poste de douane à la frontière
entre les deux territoires ; une discussion entre les douaniers
permet d’en apprendre un peu plus sur la violence de la révolution.
Pour
subvenir à ses besoins, le Comte vend un collier de sa femme au
sixième du prix qu’il espérait, mais au lieu d’économiser
l’argent il installe son petit groupe dans une luxueuse station de
sports d’hiver. Son inadaptation à la réalité économique et
politique est flagrante : il dit prévoir la fin de la
révolution mais elle ne s’arrête pas. « Il y a trois mois, il a
dit : dans deux mois tout sera terminé. Chou blanc ! » se plaint
son valet dans le tableau 4 de l’acte I.
Figaro
déclare vouloir s’émanciper de sa situation de dépendance, mais
en vérité il a peur de se retrouver sans le sou. Il en parle à
Suzanne alors que la Comtesse est à la patinoire et le Comte en
train de jouer au casino. Suzanne désapprouve totalement son idée
d’acheter un salon de coiffure d’excellente réputation dans le
village perdu de Grand-Bisbille. « Tu es fou ? » lui
demande-t-elle, mais par amour pour lui et bien que cela lui déchire
le cœur, elle le suit.
Dans
l’acte II, les disputes sont fréquentes entre Suzanne et Figaro :
il lui reproche de ne pas faire assez de manières avec les clients,
elle lui reproche de ne pas tenir sa promesse de lui faire un enfant.
Une habituée du salon, sage-femme, lui conseille de faire croire à
son mari qu’elle est enceinte, ce qu’elle fait. Figaro l’apprend
comme une catastrophe, elle le vit horriblement mal.
Un
client garde-forestier lui fait des avances, elle le repousse.
Insistant, il lui donne rendez-vous au cinéma. Plus par saturation
de son mari que par attirance pour cet homme, elle finit par y aller.
Des rumeurs jasent dans le village à propos de la fidélité de
Suzanne. Au bal du Nouvel-An, elles parviennent aux oreilles de
Figaro mais il refuse d’y croire. Suzanne achève l’acte II en
les lui confirmant avec « Tu es cocu, Figaro ».
Dans
le même acte, du côté des Almaviva, ils vivent dans une précarité
qu’ils n’avaient jusqu’alors pas même envisagée. Rosine
correspond par lettres avec Suzanne, mais le Comte lui défend de lui
parler de leur misère. Il fait passer l’honneur avant tout.
Dans
l’acte III, nous rejoignons Suzanne, devenue serveuse dans un bar
au service de Chérubin. Elle souhaite renouveler son droit de
travail à la Ligue internationale d’aide aux émigrés. Le Comte
sort de prison pour fraudes immobilières, il a perdu sa femme de
maladie. Antonio et Pédrille, que nous n’avions pas revus depuis
Beaumarchais, dirigent le château du Comte et en ont fait un
orphelinat. Antonio est nostalgique du temps où les Almaviva étaient
leurs maîtres, Pédrille est en totale opposition et affirme être
mieux sans eux : un révolutionnaire convaincu.
Figaro
arrive et les surprend. Par son éloquence il obtient d’être
l’intendant des lieux et fait un discours théâtral aux enfants
sur sa joie d’être avec eux. Suzanne revient avec le Comte sans
prévenir. Celui-ci se fait arrêter à cause de son statut de noble,
mais Figaro le fait libérer.
Ödön
von Horvàth nous propose deux fins : l’une, romantique et
splendide, où Figaro se réconcilie avec Suzanne et le Comte,
l’autre, réaliste et poignante, où Figaro a définitivement perdu
sa femme et son « ami ». Dans cette fin, un petit
orphelin vif d’esprit semble marcher dans les pas du Figaro de
Beaumarchais, ce retour aux origines nous a plus touchées que le
« happy end ».
Compte-rendu du 8 novembre
Compte-rendu
du mardi 8 novembre
Tandis que l'immaculée
conception était fêtée dans les plus pieuses des familles, nous
restions modestement aux côtés d'Emmanuel pour en choisir le
costume, ainsi que ceux des autres personnages de la pièce. Ceci
fait, nous commençâmes la séance de théâtre par une réflexion
autour de la Révolution.
Immédiatement l'on vit
une foule se pressant et coudoyant pour clamer ses idées ; la
belle image que c'était ! Déjà on s'y croyait, et pour
remettre un peu d'ordre Suzanne proposa d'abolir les individualités
pour le temps de la scène. Des guenilles pour uniformes devaient
faire de nous la masse dégingandée qui aurait balayé la dernière
scène de Beaumarchais pour plonger dans Horvath ; ni drapeaux,
ni allégeance à quelconque idéologie n'aurait été affichée pour
que l'effet reste purement dramatique. L'idée d'Olga fut alors de
préférer à une vague une série de tableaux « flash »
rapidement enchaînés grâce aux jeux de lumières d'un stroboscope.
« La révolution »,
dit Kerene, « est en tout et peut passer par les tremblements
de la terre ». Son idée était que notre arrivée soit
annoncée par le seul battement de nos pieds, qui aurait fait monter
l'angoisse des personnages déjà sur scène. Ni cris ni discours
enflammés ne devaient nous accompagner, mais d'autres sons tels que
celui d'une soufflerie ou le crissement d'un violon furent proposés
pour marquer cette transition de l'ancien régime à la République.
Nous n'eûmes néanmoins
guère de temps pour expérimenter nos idées, et Diana n'avait guidé
le peuple qu'un instant lorsqu'un intervenant (Pierre-Matthieu un des
metteurs en scène de la compagnie La Cabine Leslie), vint nous
proposer le calme le plus opposé à la révolution passée. « Un
personnage est un pantin à peindre », nous dit-il en nous
faisant nous asseoir un à un sur une chaise où nous devions, le
plus naturellement du monde, rester neutre en rencontrant les regards
de tous nos camarades ; autant dire que nous fûmes nombreux à
lâcher un rire ou un sourire ! La portée de cet exercice était
pourtant de nous rapprocher des bases du travail de l'« acteur
studio » de Stanislavski, qui à partir d'un corps aussi neutre
que possible, cherche à devenir intérieurement son personnage
plutôt que de le construire par la réflexion.
Suite à cela, le
metteur en scène nous donna quelques conseils de jeu ; c'est
ainsi que notre chère Diana, qu'un élan de cabri entraînait aux
antipodes de la scène, dut pour son rôle de Figaro, se fixer une
trajectoire pour son bondissant personnage. « Garde ton visage,
mais contrôle ton corps », lui conseilla-t-il ainsi qu'à nous
tous. Douglas fut quant à lui invité à devenir une image moderne
du comte, « un jeune cadre dynamique, puant, malsain et sûr de
lui ».
Compte-rendu 2 novembre
Compte rendu de la séance du 2 novembre 2015
Par Camille Saunier.
En cette rentrée du 2
novembre 2015, Marie Pierre nous fait un léger topo sur les
spectacles à venir. Nous avons une pièce facultative proposée pour
le 12 février 2016 à l’opéra de Paris. Il s’agit d’une
représentation du Barbier de Séville, la place coûte 25
euros et le trajet se fait en autonomie. Puis le spectacle que nous
étions censés aller voir le vendredi 20 au soir est finalement
déplacé au même jour mais nous irons le voir l’après-midi aux
heures de cours.
Analyse de Figaro divorce :
Le livre est écrit
durant le début du nazisme, par Odon Von Horvath, c’est un auteur
de langue allemande du 20e siècle, il écrit Figaro divorce
lors du début du nazisme allemand. C’est d’ailleurs cette
situation allemande qui lui fera quitter son pays pour partir vivre
en France. Cet auteur mourra tragiquement le 1 juin 1938 à 37 ans à
cause d’une branche décrochée de son arbre par la tempête.
Malgré le fait que ce ne
soit pas Beaumarchais qui ait écrit ce livre, il s’agit tout de
même de la suite Mariage de Figaro . L’époque
n’étant pas la même la situation des personnages change.
Nous avons ensuite formé des groupes
et pour nous remémorer l’intrigue de Figaro divorce chaque
groupe a présenté une forme revisitée de tous les passages donnés.
Etrangement nous avons tous présenté un Figaro plutôt moderne. Ce
qui fonctionne aussi très bien.
vendredi 27 novembre 2015
Compte-rendu du 9 novembre
Compte-rendu de Tiephane
La séance du lundi 9 novembre était centrée sur la construction des personnages à travers différentes mises en scènes.
Pour débuter la séance nous avons fait un compte rendu des spectacles que nous étions allés voir : Bouc de là et La Ronde de nuit. Ces deux spectacles abordaient la même thématique très actuelle : la question des migrants. Mais les choix esthétiques étaient très différents : le premier spectacle était très symbolique alors que le deuxième était naturaliste. Nous avons donné nos avis sur les spectacles, demandé des choses qu'on n’aurait peut-être pas comprises. Ensuite après ce débriefing nous avons débuté notre échauffement.
En cercle successivement nous avons enchaîné nos exercices habituels : tout d'abord les voix avec ( " nuages","babebibobu") pour s'échauffer la voix , ensuite on s'est étiré le corps tout en soufflant, après nous avons baillé à tout poumon. Après cet échauffement de la voix on a fait l'exercice du ("iiiihaaa") pour se mettre en énergie. Puis on a fait un "oui" , et "le courant" pour se concentrer. Échauffement terminé nous nous sommes dirigés vers la salle de danse où un groupe est passé nous faire part de leurs recherches.
Diana, Selena et Laure, nous ont présenté leurs recherches sur les mises en scènes du Mariage de Figaro qu'elles trouvaient intéressantes et qui pourraient nous aider à construire les personnages et la pièce.
Ce que nous retiendrons de cet exposé et des remarques de Marie-Pierre c'est : la mise en forme des relations entre les personnages à travers les costumes qui hiérarchisent et qui permettent de distinguer les maîtres et les serviteurs.
Ensuite on a noté également que dans certains mises en scènes les costumes des maîtres, le comte et la comtesse, étaient plus visibles que ceux des serviteurs, Figaro et Suzanne
Marie-pierre nous a fait noter que Figaro et Suzanne brisaient les clichés sur les valets. Beaumarchais passe au dessus de ses clichés car Figaro et Suzanne savent lire, parlent de façon soutenue et spirituelle... Ce sont en effet des valets modernes. Ils représentent l’avenir, annoncent un changement de mentalités, une évolution de la place des roturiers dans la société comme le montre le choix des costumes modernes dans la mise en scène de Christophe Rauck à la Comédie Française en opposition avec les costumes plus datés des maîtres.
Ensuite on s'est arrêté sur le choix des acteurs : un Figaro plus jeune mais aussi plus petit que le comte avec une gestuelle et un rythme très dynamiques en opposition au jeu beaucoup plus statique d’un comte âgé et grand.
Enfin nous avons analysé différentes images de mises en scènes ensemble pour savoir quels éléments on pouvait garder, ce qu'on ne pourrait pas garder.
Après ce moment de réflexion nous sommes repartis dans la salle Delbo pour reprendre le travail sur les textes.
Pour conclure, cette séance nous a permis de renforcer certains points sur la construction des personnages et pour l'avancement de notre pièce.
La séance du lundi 9 novembre était centrée sur la construction des personnages à travers différentes mises en scènes.
Pour débuter la séance nous avons fait un compte rendu des spectacles que nous étions allés voir : Bouc de là et La Ronde de nuit. Ces deux spectacles abordaient la même thématique très actuelle : la question des migrants. Mais les choix esthétiques étaient très différents : le premier spectacle était très symbolique alors que le deuxième était naturaliste. Nous avons donné nos avis sur les spectacles, demandé des choses qu'on n’aurait peut-être pas comprises. Ensuite après ce débriefing nous avons débuté notre échauffement.
En cercle successivement nous avons enchaîné nos exercices habituels : tout d'abord les voix avec ( " nuages","babebibobu") pour s'échauffer la voix , ensuite on s'est étiré le corps tout en soufflant, après nous avons baillé à tout poumon. Après cet échauffement de la voix on a fait l'exercice du ("iiiihaaa") pour se mettre en énergie. Puis on a fait un "oui" , et "le courant" pour se concentrer. Échauffement terminé nous nous sommes dirigés vers la salle de danse où un groupe est passé nous faire part de leurs recherches.
Diana, Selena et Laure, nous ont présenté leurs recherches sur les mises en scènes du Mariage de Figaro qu'elles trouvaient intéressantes et qui pourraient nous aider à construire les personnages et la pièce.
Ce que nous retiendrons de cet exposé et des remarques de Marie-Pierre c'est : la mise en forme des relations entre les personnages à travers les costumes qui hiérarchisent et qui permettent de distinguer les maîtres et les serviteurs.
Ensuite on a noté également que dans certains mises en scènes les costumes des maîtres, le comte et la comtesse, étaient plus visibles que ceux des serviteurs, Figaro et Suzanne
Marie-pierre nous a fait noter que Figaro et Suzanne brisaient les clichés sur les valets. Beaumarchais passe au dessus de ses clichés car Figaro et Suzanne savent lire, parlent de façon soutenue et spirituelle... Ce sont en effet des valets modernes. Ils représentent l’avenir, annoncent un changement de mentalités, une évolution de la place des roturiers dans la société comme le montre le choix des costumes modernes dans la mise en scène de Christophe Rauck à la Comédie Française en opposition avec les costumes plus datés des maîtres.
Ensuite on s'est arrêté sur le choix des acteurs : un Figaro plus jeune mais aussi plus petit que le comte avec une gestuelle et un rythme très dynamiques en opposition au jeu beaucoup plus statique d’un comte âgé et grand.
Enfin nous avons analysé différentes images de mises en scènes ensemble pour savoir quels éléments on pouvait garder, ce qu'on ne pourrait pas garder.
Après ce moment de réflexion nous sommes repartis dans la salle Delbo pour reprendre le travail sur les textes.
Pour conclure, cette séance nous a permis de renforcer certains points sur la construction des personnages et pour l'avancement de notre pièce.
lundi 16 novembre 2015
Compte-rendu du 3 novembre
Compte-rendu du mardi 3 novembre 2015
Nous commençâmes nos trois heures de Théâtre
par un échauffement collectif d’environ une heure. Nous nous sommes mis en cercle et, en
silence, nous avons respiré ventralement pendant quelques minutes. Bien que cet
exercice soit simple, il est essentiel pour se recentrer et pour canaliser son
énergie. Nous avons ensuite baillé à nous en décrocher la mâchoire tout en nous
étirant, pour détendre nos muscles. Nous avons tendu notre corps le plus
verticalement possible, avant de tout lâcher en retombant en avant. Nous fîmes
cet exercice deux fois : la première fois nous nous sommes relevés en dix
secondes, la fois suivante en vingt secondes.
Une fois nos corps dans de bonnes conditions
pour travailler, nous nous sommes frottés énergiquement afin de nous dynamiser.
Lorsque nos mains sont arrivées au niveau du visage, elles ont massé nos joues
pendant que nous articulions « N-u-a-g-e ».
Après le traditionnel « Hia ! »,
jeu d’énergie où nous nous faisons passer une vague auquel tiennent nombre
d’entre nous, nous avons ajouté à notre routine un exercice proposé par notre
intervenant Pierre Ficheux la semaine précédente. A tour de rôles, nous
associions un geste le plus large possible à un son en ouvrant le plus possible
la mâchoire. Cet exercice s’inscrivait dans la continuité de mise en énergie,
mais nous l’avons fait en riant.
Pour regagner notre concentration, nous
avons resserré le cercle pour installer un courant. Si habituellement nous
sommes capables de faire passer une pression sur la main de notre voisin en
quatre secondes, ce mardi nous avons réussi du premier coup à ne faire que
trois secondes. Nous ne nous sommes donc pas appesantis sur cet exercice et
avons poursuivi avec le jeu des couleurs. Pour ce faire,
un membre du cercle envoie une balle imaginaire à la personne de son choix en
l’associant à une couleur. Celle-ci la réceptionne, en répétant ladite teinte
et en la renvoyant à qui elle veut, en donnant une nouvelle couleur etc. Cet
exercice me stresse énormément, j’ai si peur de ne pas être assez réactive que
j’en viens, par exemple, à dire « gris »
alors que les couleurs imposées sont rouge, vert, bleu et jaune. Je dois
pourtant avouer qu’il est le plus efficace que je connaisse pour se concentrer
et pour renforcer la complicité d’une troupe.
La suite de l’échauffement fut
particulièrement vocale ce jour-ci. Pour commencer tout en douceur, nous avons
fait un crescendo de rires pour sortir la voix, puis nous avons fait la même
chose avec des pleurs. Je me suis trouvée dernière à passer, ce qui m’a permis
de crier et d’échauffer mes cordes vocales. Apolline s’est portée volontaire
pour prendre en main les vocalises. Elle nous fit répéter « Zahozahozahozahoza » de plus en
plus aigu, jusqu’à passer en voix de tête. Afin que les garçons puissent
également profiter de l’exercice, Jean-Baptiste effectua le même exercice mais
en descendant de plus en plus dans les graves.
Marie-Pierre nous fit réécouter le Largo Factotum pour nous le remettre en
mémoire, puis nous l’avons travaillé. Nous avons commencé par le début, que
nous connaissions, puis nous avons avancé dans la chanson jusqu’à arriver à
« Per un barbiere di qualita, di
qualita ». Une fois qu’elle estima que nous avions suffisamment
entraîné nos voies, nous nous sommes mis par deux. L’un était Figaro qui
taillait la barbe, l’autre le client. Il m’a paru difficile de trouver des
gestes qui me semblaient réalistes tout en les exagérant, étant une femme
j’ignore absolument comment raser une barbe… Mais lorsque notre professeur nous
demanda de poursuivre notre exercice sur la musique, les gestes venaient
beaucoup plus facilement. Nous libérâmes notre camarade et continuâmes
l’exercice en marchant dans l’espace. Je n’ai pas réussi à avoir des gestes
précis, avoir un support physique aidant beaucoup dans la netteté des coups de
ciseaux imaginaires. Marie-Pierre nous conseilla de visionner des extraits du Dictateur, de Charlie Chaplin pour
nous donner une idée du travail de barbier.
Après la pause, elle nous proposa une
distribution de rôles, puis elle nous donna une scène à travailler pendant une
demi-heure. J’ai appris qu’elle m’imaginait dans le Figaro du Barbier de Séville. C’est la
pièce que je connaissais le moins, aussi étais-je un peu perdue quant à la
vision que j’avais de Figaro. Je me suis notamment demandé quelle était sa vie
sentimentale avant la trilogie de Beaumarchais… Avait-il déjà aimé une femme,
par exemple ?
Elle donna le personnage du Comte de la
première pièce à Douglas. Nous allâmes dans les loges pour travailler la scène
d’exposition, entre nos deux hommes. Après un an de séparation, Figaro et le
Comte se retrouvent par hasard, alors que ce dernier est en train d’espionner
une femme : Rosine. Douglas avait déjà eu l’occasion de réfléchir à cette
rencontre lors d’improvisations. Il imaginait un Comte hautain, dédaigneux, qui
se sert de Figaro car « deux hommes
qui jasent sont moins suspects qu’un seul qui se promène ». Pour
prendre le contrepied, j’ai opté pour un Figaro plus souple dans son corps,
avec une voix plus malicieuse. Malicieux. Ce mot est pour l’instant ma ligne de
conduite, il définit l’image que j’ai désormais de ce personnage qui a toujours
le dernier mot.
Lorsque le temps fut écoulé, nous nous
rassîmes pour voir le travail des autres. Le premier groupe fut celui de la
scène d’exposition du Mariage de
Figaro, lorsque celui-ci mesure la chambre et que Suzanne lui apprend
que le Comte veut le faire cocu. Jean-Baptiste jouait Figaro et Manon
interprétait Suzanne. J’ai trouvé leur jeu très harmonieux, tous deux se
tenaient très droits et avaient un air digne qu’on retrouve habituellement plus
chez les nobles que chez les valets. Jean-Baptiste a développé le côté amoureux
de Figaro, il n’avait d’yeux que pour sa fiancée. Celle-ci paraissait très insouciante,
innocente avec son bouquet virginal. Elle effectua une rupture, en devenant
presque agressive lorsqu’elle apprit qu’ils dormiraient dans cette chambre, à
deux pas de celle du Comte.
Pour expliquer à Figaro comment elle avait
appris les intentions du Comte, des personnages surgirent de derrière le piano
pour l’illustrer : Le Comte (Séléna), Suzanne (Cécile) et Bazile
(Lorette). L’enchaînement m’a semblé fluide, intégrer une rétrospective est un
judicieux moyen de superposer deux scènes. Les trois nouveaux arrivants
jouaient donc leur scène, puis repartaient pour laisser la place à la scène
d’exposition.

Comte, Suzanne, Bazile
PIANO
→ :
déplacement des personnages lors de la superposition des scènes
Nous vîmes une autre scène du Mariage de
Figaro. On y voyait Suzanne (Tiephane) et la Comtesse (Kerene). Lors
de cette discussion, Suzanne révèle à sa maîtresse que son mari projette de la
tromper avec elle. Tiephane et Kerene ont réécrit la scène, plutôt que Suzanne
parle librement à la Comtesse
de ce sujet, elles ont préféré la faire gaffer. Cela ajoutait du comique à la
situation.
Deux scènes de Figaro Divorce ont achevé la séance. La première était entre
Suzanne, jouée par Suzanne et Figaro, joué par Anton. Figaro explose de rage
devant sa femme et l’incite à partir à Grand-Bisbille, pour reprendre un salon
de coiffure. Dans l’interprétation proposée, Suzanne avait vraiment l’air de
profiter du moment présent, alors que Figaro était complètement torturé.
J’étais loin d’imaginer un Figaro aussi proche des portes de la folie, le jeu
d’Anton m’a surprise et m’a fait revoir ma conception de ce personnage.
Enfin, la dernière scène était tirée du
deuxième acte de la pièce d’Ödön von Horvàth. On y voyait une scène de dispute
entre Figaro (Elsa) et Suzanne (Justine). Suzanne veut un enfant, Figaro n’en
veut pas et se réfugie derrière l’excuse de son travail. J’ai trouvé cette
présentation très juste, Suzanne était parfaitement crédible lorsqu’elle
parlait en serrant les dents et Figaro avait l’air complètement perdu.
Compte-rendu du 13 octobre
Compte rendu du 13/10/2015
La séance du 13/10/2015 marque le grand retour
de Pierre. Premier objectif de l’année, monter une pièce de théâtre sur le
personnage de Figaro, la difficulté est que nous devons puiser dans trois
pièces et un opéra. Bien entendu nous avons reçu de vifs encouragements de la
part de Pierre.
Ce dernier nous a rappelé les enjeux du
personnage de Figaro. Figaro, c’est avant tout la voix de Beaumarchais que certains
ont considéré a posteriori comme avant gardiste de la Révolution Française.
Nous avons aussi cherché l’origine du nom
Figaro, tout d’abord faire la figue veut dire se moquer, ce qui correspond bien
à notre personnage. De plus ayant été élevé par des bandits et étant un homme
de terrain autodidacte, Figaro rentre dans le personnage du Picaro. Ensuite
Figaro a aussi une part d’Arlequin en lui pour sa vivacité et enfin on retrouve
en lui le valet de Molière qui est là pour se moquer du maître.
Nous avons cherché à comprendre l’évolution du
personnage. Dans Le Barbier de Séville,
Figaro mène une vie de bohème, il est avant tout barbier mais joue aussi le
rôle d’homme à tout faire ou de messager. C’est alors en tant qu’homme libre
qu’il se met au service du comte. Dans Le
Mariage de Figaro la première scène dans la chambre est significative, fini
la vie de bohème, nous retrouvons Figaro dans sa chambre accompagné de sa future
épouse. Nous assistons alors à un changement très radical chez ce personnage
qui n’avait auparavant aucune accroche dans ce monde et qui se retrouve
quasiment marié et au service du comte à plein temps. Le message que nous
délivre Beaumarchais est donc différent entre les deux pièces. Le message se
politise donc car Figaro se lève contre son maître.
Après un échauffement du corps et de la voix,
nous avons enchaîné sur des improvisations de scènes. La première scène fut
jouée par Diana dans le rôle de Figaro et le comte par Tiephane. Cette scène
est la scène d’exposition du Barbier de
Séville, c’est une scène de retrouvailles entre le comte qui attend de
pouvoir voir la femme qu’il courtise et Figaro. Diana nous a proposé un figaro
chantant. La reconnaissance entre les deux personnages ne doit pas être trop
rapide, le comte doit garder sa dignité de comte tout en jouant le
questionnement et partager sa réflexion avec le public. Cette même scène a été
jouée par Olga et Lorette, de cette scène est ressorti un grand besoin de
regards public. Figaro doit aussi accepter de faire moins de bruit car il se
cache. La deuxième scène jouée par Sybille et Manon est la scène d’exposition
du Mariage de Figaro elles
nous ont proposé un jeune couple qui se chamaille gentiment jusqu’à la réplique
« je n’en veux point » de Suzanne qui s’énerve. Cette même scène a
été jouée par Justine et JB, dans leur version Figaro est benêt et un rapport
de force se crée entre Suzanne qui prend l’avantage et Figaro qui s’écrase face
à la femme qu’il aime. Laure et Cécile nous ont proposé un couple très heureux
et unis. Enfin la dernière scène est la discussion entre Figaro et le Comte,
Suzanne Camille et Océane jouaient les Figaro et Séléna et Kérene incarnaient
le rôle du comte. La complicité entre les Figaros doit être très marquée, et la
scène se doit d’être chorégraphiée entre les deux camps.
Compte-rendu du 29 octobre
Pour cette séance du mardi 29 octobre, nous
avons revu en premier lieu les trois pistes de réflexion que nous
allons utiliser pour la réalisation de la présentation de notre
travail : Figaro, un personnage en verve et en musique. Il s’agit
de construire le personnage de Figaro, en utilisant les différents
domaines du théâtre (marionnettes, danse, ombres chinoises …) et
surtout d’insérer de la musique et plus particulièrement de
l’opéra. Le gros problème ici est la gestion du temps car, il va
falloir faire référence aux œuvres : Le Barbier de
Séville, Le Mariage de Figaro ainsi que Figaro divorce.
Or, les trois pièces ne peuvent être jouées toutes ensemble les
unes à la suite des autres. Il va donc falloir faire de grosses
coupures dans les textes pour ne prendre que les moments les plus
importants de sa vie. Elsa a alors proposé une idée très
intéressante : Beaumarchais ayant été horloger, le spectacle
commencerait sur un horloger qui remonterait le temps pour que le
spectateur ait une vue d’ensemble sur la vie de Figaro. Ensuite
nous avons décidé de mettre de la musique, en effet, certains
d’entre nous jouent d’un instrument de musique, l’idée étant
de les faire jouer sur scène : Apolline mettrait à profit le piano,
Anton l’ocarina et peut-être le violon et Laure ainsi que Douglas
la guitare.
Après avoir fait un entraînement :
graduation rire/pleur et quelques exercices de concentration, nous
avons continué la réflexion que nous avions commencée à la
dernière séance, à savoir travailler sur les corps des
personnages. Nous devions marcher dans l'espace et quand une personne
s'arrêtait, elle devait incarner un personnage en prenant une
posture et en ajoutant au nom du personnage des qualificatifs (noms,
adjectifs). Nous avons pu voir que nous caractérisions le personnage
de Bartholo comme si il était le Docteur dans la
Commedia (« Pantalone » de la Commedia
dell’arte). Le plus dur est d’exagérer les corps, de les
rendre compréhensibles, sans pour autant tomber dans le burlesque et
le ridicule. Le personnage qui nous intéressait le plus était tout
de même Figaro car, tout le monde dans le groupe devra interpréter
ce rôle au moins une fois. Les mots qui sont le plus revenus
étaient : « valet éloquent » et « à votre
service ». Un rôle moins important à toute fois été très
bien caractérisé par Diana : celui de Fanchette avec sa phrase
« Plus niaise tu meurs » qui était très juste. Cet
exercice nous a permis de mieux nous représenter chacun des
personnages de la pièce, ainsi qu’aux rôles que nous voulions
interpréter.
Puis, Cécile et Manon nous ont présenté un
arbre psychologique de Figaro que nous avons complété avec
d’autres mots en discutant de ce personnage :
Fidèle
Eloquent
Malin sympathique
Enthousiaste
Habile
Spirituel Ironique
FIGARO
Naïf
Insolent tempérament Vif
Sentimental
Comme
nous n’allons pas seulement nous baser sur des pièces écrites sur
papier pour monter notre pièce, nous avons ensuite regardé un
extrait de l’opéra de Mozart inspiré de Figaro. C’était la
scène où Figaro chante en nettoyant une paire de bottes appartenant
au comte, elle correspond à la scène 2 de l’acte I dans Le
Mariage de Figaro. Nous avons pu voir deux versions de cette même
œuvre d’opéra. Lors de la première version, la relation
maître-valet est très présente, notamment lorsque Figaro va
jusqu’à cracher de façon brutale sur les bottes avant de les
frotter. Les bottes sont la personnification du comte sur scène.
Cette mise en scène fait le choix de replacer la pièce dans une
époque avec l’utilisation de costumes et de décors typiques
du XVIIIe siècle. Ils montrent bien la position de Figaro
surtout avec l’escalier de bois qui fait penser au cagibi du
domestique. Le chant apporte beaucoup de précision à la scène. Il
est hargneux, agressif, et les répétitions martelées montrent bien
l’état d’esprit du personnage. La deuxième version cependant
nous montre beaucoup plus de violence de la part de Figaro, car il va
jusqu’à donner des coups de pieds aux bottes, qui là aussi reste
une personnification du comte. Il y aussi de l’impertinence et de
l’ironie dans le ton qu’il donne à ses mots. Il nous donne une
autre vision de la relation maître-valet du XVIIIe siècle
lorsqu’il répète « Piano » (doucement) plusieurs fois
pour que sa colère se calme. En effet, il ne pourrait jamais dire
ces mots en face du comte car cela lui ferait perdre son travail et
il pourrait même être tué pour son impertinence. Il faudra que
l’on arrive à montrer aussi ce côté-là dans notre pièce.
Enfin, nous avons
commencé à travailler sur le monologue de Figaro dans Le
Mariage de Figaro. Nous avons réfléchi sur les coupes que nous
allions effectuer dans le texte car nous ne pouvons reprendre un
aussi gros monologue qui serait indigeste et pour le spectateur et
pour l’acteur. Cela faisait mal au cœur pour certaines personnes
de devoir couper des éléments du texte, mais cela était
nécessaire.
Compte-rendu du 28 octobre
Pour la séance du 28 octobre nous avons tout de suite commencés
dans le vif du sujet avec l’échauffement : la mise en
pratique des corps pour les personnages de Figaro et du Comte
Almaviva. Après quelques exercices pour nous dynamiser, nous avons
appris une des répliques de Figaro dans Le Barbier de
Séville : « Aux vertus qu’on exige dans un
domestique, votre excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui
fussent dignes d’êtres valets ? » ce à quoi le Comte
répond : « Pas mal ». Le « pas mal » à
la signification d’une réplique qui est bien prise par le Comte,
elle ne va pas le vexer et il va plutôt être impressionné. Il est
franc et non hypocrite. Nous devions dire la première réplique en
Figaro à notre voisin qui devait la réceptionner en Comte puis la
relancer à son voisin en Figaro et ainsi de suite. C’était un
exercice d’articulation car outre le fait de devoir s’en
souvenir, il faut aussi qu’elle soit compréhensible pour tous. Il
nous permettait aussi de ce mettre dans un corps plus ou moins souple
ou rigide selon le personnage. Mais n’étant pas très engagés
corporellement nous avons eu le droit à une seconde réplique cette
fois tirée du Mariage de Figaro : le comte dit :
« Autrefois tu me disais tout », Figaro va répondre en
disant « et maintenant je ne vous cache rien ». Ici, il y
a eu beaucoup plus d’engagements corporels : le comte se
baissait, tournait autour de Figaro, sautait sur son serviteur et
n’essayait pas toujours de dominer Figaro, mais plutôt d’aller
vers cette relation d’amis, quasi paternelle qu’il avait
autrefois avec celui-ci.
Ensuite la réflexion
suivante a été amenée : comment montrer des éléments de
l’intrigue dans notre rendu final sans pour autant dévoiler toute
la scène ? L’idée d’image serait la plus pertinente car
nous pourrions y insérer le nombre d’éléments que nous
voudrions. C’est donc avec l’exercice de la machine que nous
avons commencer pour voir les éléments qui nous avaient le plus
marqués sur Figaro. Le plus dur étant que tout le monde doit
interagir avec une autre personne dans cette machine. La première
chose qui m’est venue fut le mot « goujat », dont
Bazille est gratifié lors de la première discussion entre Suzanne
et Figaro. Pour Olga ce fut « God-dam », Sibylle
la révérence du serviteur à son maître, Suzanne lorsqu’il
mesure le plancher lors de la première scène du Mariage de
figaro, alors que pour Anton c’était « je m’en presse
dans rire de peur dans pleurer » du Barbier de Séville.
Puis
ce fut un exercice d’improvisation avec des images qui
s'enchaînaient pour différentes scènes selon nos choix. A chaque
fois qu’un personnage entrait cela faisait bouger l’image pour en
créer une autre. Le premier à passer était celui de
Douglas-Suzanne-Elsa. Les scènes qu’ils ont prises étaient celles
de Rosine avec la fenêtre. Ils ont choisi de mettre deux personnages
sur le plateau et un dans les coursives pour symboliser le balcon de
la comédie italienne. Petit problème celui qui est dans les
coursives ne peut redescendre en deux secondes ce qui fait que cette
proposition est positive car elle met le personnage important en
hauteur pour symboliser son importance, mais l’acteur qui est
là-haut ne peut pas redescendre pour jouer rapidement sur le
plateau. Le groupe de Diana-Kérène-Tiephane-Anton quant à lui, a
préféré nous montrer l’évolution du personnage de Figaro
vis-à-vis du comte. La proposition qu’ils nous ont proposée était
en ligne. Or il faut de façon générale favoriser la profondeur
pour que cela puisse mieux parler et évoquer quelque chose au
spectateur. De plus il faut aussi bien figer les images pour mieux
comprendre les actions et les personnages qui sont sur le plateau.
Notre dernier exercice
était de trouver comment présenter le personnage de Figaro au
public. Pour pouvoir faire des propositions en plus gros groupes car,
la semaine dernière nous étions seulement trois et cela nous avait
bloqués, pour ce cours nous avons été mis par neuf. Le premier
groupe a décidé de nous montrer les grands moments théâtraux de
la vie de Figaro sous forme de frise chronologique. Sa naissance et
son abandon, sa carrière de barbier ainsi que sa relation avec
Suzanne et le comte. Ils nous montrent ici un aspect plutôt
romanesque du personnage principal. Sa vie n’est qu’un
enchaînement d’aventures ce qui nous ramène aux romans du
XVIIIème siècle typique de l’époque de Beaumarchais (Cela
renvoie au personnage romanesque du picaro né en Espagne au XVIe
siècle). Pour le deuxième groupe, il s’agit plutôt de l’idée
des marionnettes (Inspiration venant du voyage de l’atelier théâtre
à Charleville-Mézières)
qui a été matérialisée par des manivelles qu’un Figaro tournait
dans le dos des autres personnages présents sur le plateau. Figaro
était ici le « metteur en scène » à l’image de son
géniteur : Beaumarchais. (De plus Beaumarchais disait qu’une
part de son personnage principal était autobiographique). Le but
final serait que chacun fasse Figaro, peut être même tous ensemble
selon le texte qui sera appris.
Pour conclure, cette
séance nous aura donc permis d’expérimenter différentes mises en
scènes que nous voudrions réaliser pour notre future représentation
concernant le personnage de Figaro. Ainsi qu’un travail sur le
corps des différents personnages de l’œuvre de Beaumarchais.
Compte-rendu du 5 et 6 octobre
Synthèse théâtre
Séance
du mardi 6 octobre 2015
Nous
avons la chance de bénéficier de l’aide d’Antonia lors de cette
séance, intervenante, venant dans le but de nous aider au niveau du
chant que nous voulons intégrer au spectacle.
Antonia
a donc pris en charge le déroulé de l’échauffement, qui se
tournera donc plus sur un travail vocal, pour s’échauffer la voix.
Tout d’abord, elle nous a fait rouler la langue tout en faisant des
vocalises d’une part pour ne pas se faire mal à la gorge, mais
aussi car nous chantons un opéra en langue italienne. Savoir rouler
les « R » est alors utile lors de ce chant, pour
accentuer la mélodie. Elle nous a également expliqué que pour
réussir à chanter de l’opéra, il fallait ouvrir complètement la
bouche. Ceci permet donc à notre voix de sortir plus facilement, ce
qui nous facilite les choses pour l’opéra.
Ensuite,
Antonia a voulu entendre nos voix, pour prendre connaissance de
toutes les différentes octaves que nous avons. Elle a tout d’abord
séparé les garçons et les filles, puisque les garçons ont
naturellement la voix plus basse que les filles. Elle nous a fait
chanter une phrase de Largo al factotum, mais, pour une
première approche, en « La La La », puisque nous ne
connaissions pas les paroles de l’opéra. Ensuite, arrive le moment
du passage individuel. Elle voulait savoir dans quelle « catégorie »
nous nous placions, si nous chantions haut ou plus bas. En effet,
certaines filles étaient beaucoup plus à l’aise en chantant à
l’octave d’en dessous. Ce passage individuel était par moments
assez difficile pour certaines personnes, puisqu’il est dur
d’exposer sa voix devant tout le monde, cela donne l’impression
de se mettre à nu. Mais nous avons tout de même pu découvrir les
voix, souvent très intéressantes de chaque personne. Pendant le
passage, Antonia nous donnait des conseils pour réussir à sortir
cette phrase chantée correctement. Elle nous conseillait par exemple
d’imaginer que nous tirons notre voix de la même manière qu’un
élastique.
Nous
sommes ensuite passés en salle d’art dramatique, pour qu’Antonia
puisse avoir accès à un ordinateur, pour nous passer l’opéra
avec les paroles. Nous avons donc fait comme une sorte de karaoké
sur Largo al factotum de Il barbiere di Siviglia, opéra
écrit par Rossini. C’était plutôt laborieux pour tout le monde,
puisque les paroles étaient en italien, et que le rythme était
extrêmement rapide. Nous avons donc essayé, du mieux que nous
pouvons, de suivre et de chanter les paroles de cet opéra, et nous
avons du moins réussi à retenir la première phrase assez vite :
« Largo al factotum de la città largo ».
Par
la suite, nous sommes retournés en salle Charlotte Delbo, pour
montrer à Antonia notre travail sur le monologue de Figaro. Nous
avions en effet fait des coupes en groupe dans ce monologue, et
réfléchi sur une mise en scène possible. Le premier groupe à
passer a fait le choix de faire un chœur de Figaro, et avaient
sélectionné certaines phrases à dire en chœur, le reste étant
dit tour à tour. Pour la disposition, certains étaient assis sur la
table, d’autres sur le piano, par terre etc…
Le
groupe suivant a choisi la même disposition scénique que le groupe
précédent (c'est-à-dire des personnes éparpillées sur la scène).
Dans la diction, ce qui a attiré mon attention, c’est le fait que
le « NON » soit dit tous en chœur, car cela a permis
d’appuyer le propos, de mettre en avant une idée sur laquelle nous
voulons insister. Ensuite, j’ai remarqué que certaines étaient
presque criées, ce qui montre la colère de Figaro au moment de son
monologue, où il est persuadé que Suzanne l’a trompé. Tous les
Figaro discutaient un peu entre eux de ce que l’un venait de dire.
Cela divise alors Figaro en « plusieurs personnalités »
qui discutent un fait qui s’est produit dans sa vie. Peut être que
tout le monde n’est pas d’accord ? Cela met en avant le fait
qu’à ce moment-ci de la pièce, Figaro est complètement perdu, et
se pose des millions de questions.
Enfin,
le dernier groupe à passer nous a présenté une toute autre
disposition. Au début, tous les Figaro sont en ligne, dos au public,
et se tiennent la tête avec leurs mains. Ils répètent alors tous
plusieurs fois « Femme, femme, femme… » Ce qui prouve
le fait que Figaro est torturé. Tout d’un coup, cette sorte de
transe se rompt, et chacun se sépare en marchant de son côté dans
l’espace du plateau. A un moment, tous s’arrêtent, et seule la
personne qui parle marche dans l’espace, pour qu’on se concentre
sur elle. Ensuite tous se regroupent, et reprenne la marche en
ralenti, sauf la personne qui parle à ce moment -là.
Après
le passage de tous les groupes, Antonia a tenu à reprendre une fois,
et à nous donner des conseils par rapport à l’attitude que nous
devions avoir en interprétant Figaro lors de ce monologue.
Elle
nous explique qu’au début, Figaro doit être très sombre,
renfermé sur lui-même lorsqu’il chuchote « Femme, femme,
femme.. » Figaro se pose des questions, il est assailli de
doutes, donc nous devons jouer comme si nous nous parlions à nous
même. Elle nous a ensuite fait plusieurs propositions différentes,
comme par exemple tenter de donner du rythme à la scène, en ayant
un débit de parole particulier. Nous pouvons aussi choisir de faire
une prestation plus renfermée, en parlant beaucoup plus bas, garder
les mots plus contenus dans la mâchoire, ce qui insiste sur la
hargne de Figaro. Autre proposition : nous pouvons faire comme
si nous avions une petite voix qui nous parle, donc chuchoter un peu
plus. Pour ce faire, elle nous a entraîné en nous faisant dire
autre chose que le texte, comme par exemple « Mais qu’est ce
que j’ai été bête ! ».
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